SMB- Ateliers 2015 - Marie-France Rochard mes réflexions et propositions- mise à jour du 15 octobre 2015

Lire aussi la synthèse officielle des ateliers, préparée par le Syndicat Mixte du Beaujolais sur le site du Pays Beaujolais

 

Ateliers du Syndicat Mixte du Beaujolais- 2015.

Communauté de communes Beaujolais Pierres Dorées

Lire aussi la version du 15 octobre 2015,

complétée après la réunion de bilan du SMB et la présentation à la CCBPD

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Marie-France Rochard- 7 septembre 2015

Mes compléments aux 5 questions posées par la CCBPD

Légende : en noir : synthèse des questions mises en avant par la communauté de communes Beaujolais Pierres dorées.

En brun, mes commentaires et compléments avec en bleu le résumé

 

1)    Le développement économique au sens large avec ses différentes composantes :

 - Les zones d’activités contraintes dans leur développement par la géographie :

Zones d’activité que l’on ne doit pas vouloir recopier des vastes plaines de l’Est lyonnais. Le territoire n’y est pas adapté et doit  raisonner en Interscot.

 Le Scot Beaujolais 1999-2030 a prévu des zones d’activité aux surfaces surdimensionnées. Le travail de réflexion pour le nouveau SCOT-Beaujolais devra donner des priorités, sans doute des spécialités, mais aussi des règles à imposer aux investisseurs : une implantation plus économe en terrains (bâtiments sur 2 niveaux et/ou parkings enterrés) et en énergie (panneaux solaires obligatoires sur les toits de ces bâtiments de type industriels) et mieux intégrée dans le paysage et le patrimoine bâti.

Prendre garde à la qualité agricole des terrains choisis (ex : Les Olmes ; vallée de la Saône…)

Voir aussi les conséquences de ces lieux d’implantations sur les augmentations de circulation de poids-lourds et autres véhicules. Tenir compte des infrastructures existantes.

Réduire les hectares de terrain à utiliser, imposer des contraintes d’environnement et de paysage.

 

- Une offre commerciale à développer pour répondre aux attentes d’une population en évolution, contrainte souvent de se déplacer vers l’agglomération caladoise ou la métropole lyonnaise.

 NB : Sauf  à habiter dans un centre commercial, on ne peut pas avoir tous les types de marchandises à sa porte. On est forcément obligés de se déplacer (même quand on habite une ville comme Lyon).

 La Communauté de communes est très bien desservie en commerces de toutes sortes, même si beaucoup sont situés dans des Communautés de communes voisines. (ex : Villefranche, Tarare, Ouest lyonnais). Un rayon de 10 à 15 km à parcourir pour les achats importants n’a rien d’excessif, si on garde des commerces de proximité pour la vie courante.

 En gros la CCBPD a deux pôles commerciaux sur son territoire : celui de Lozanne-Civrieux, et celui d’Anse-Pommiers (lié à Villefranche). C’est plus que suffisant. Il ne faut plus jouer le jeu des enseignes concurrentes qui vendent les mêmes produits. Plutôt qu’autoriser de nouvelles zones commerciales extérieures aux centres bourgs, consolider et améliorer (compléter si nécessaire), celles qui existent en insistant sur une implantation plus économe en terrain (bâtiments sur 2 niveaux ou parkings enterrés) et en énergie (panneaux solaires obligatoires sur les toits de ces bâtiments de type industriels) et mieux intégrée dans le paysage et le patrimoine bâti.

Eviter surtout de diffuser les commerces de bord de route, qui enlaidissent toute une région.

Etablir un règlement de publicité.

Se souvenir que chacune de ces implantations commerciales est consommatrice d’espace agricole et naturel, et que chaque nouvelle implantation entrainerait la fermeture de commerces de proximité.

Viser le zéro hectare supplémentaire (= par rapport aux surfaces déjà bloquées ) de terrain utilisé pour les implantations commerciales jusqu’à 2050.

 

 -  Un tourisme en devenir avec beaucoup d’atouts mais qu’il convient de développer en dynamisant l’offre.

 

Il y a plus de 25 ans que l’on dit qu’il faut renforcer l’offre touristique, mais rien ne bouge. On confond « animations de villages » destinées à la population locale de proximité, et équipements touristiques structurés destinés à attirer des visiteurs lointains qui séjourneront.

La communauté de communes a d’énormes atouts avec son patrimoine bâti et paysager.

Elle doit mettre en place un projet de réseau d’équipements attractifs pour la visite et le séjour. De la même façon qu’elle investit et dépense de l’argent pour acheter le terrain et équiper les zones d’activité, avec l’espoir de récupérer en taxes et emplois, elle doit investir dans des équipements, qui lui apporteront à moyen terme notoriété et emplois liés.

(Exemples : elle est propriétaire de la forêt de La Flachère ; l’Azergues est une vallée qui mériterait d’être valorisée ; certains grands bâtiments viticoles pourraient être transformés en hôtels ou en  restaurants de charme plutôt que divisés en appartements ; la gastronomie lyonnaise gagnerait à s’y diffuser ; la curiosité des visiteurs pour le monde viticole pourrait être mieux accueillie collectivement dans des lieux bien équipés pour stages de cuisine, conférences, colloques (ex : friches hospitalières…)…Aides à la mise en valeur de châteaux privés, maisons fortes, maisons bourgeoises ou rurales…

Mettre en place un véritable plan d’investissement avec des points phares répartis sur le territoire.

Soutenir et expérimenter des initiatives d’activités nouvelles payantes à destination des touristes.

 

- Une agriculture dominée par la viticulture mais avec de nombreux potentiels mais aussi des faiblesses : âge des exploitants, taille des exploitations et renouvellement des générations.

 Seul le maintien d’une agriculture rentable, soutenue par une politique adaptée, évitera à la communauté de commune de basculer dans le périurbain anarchique.

Partout en France l’agriculture est en crise, confrontée à la concurrence internationale et aux marchés financiers. Les goûts des consommateurs évoluent ; ils sont partagés entre la recherche du produit le moins cher possible et l’exigence de la qualité. Le renouvellement des générations peut être un facteur favorable pour la diversification dans notre territoire, à la condition que le foncier adapté soit protégé pour cet usage. Il y a beaucoup d’espoir avec la qualité et la diversité des sols reconnues depuis des générations et la proximité de l’agglomération de Lyon.

 La géographie ne permet pas des exploitations de grande taille, mais ce n’est pas nécessaire pour le petit élevage, le maraichage, l’arboriculture et la vigne. La transformation sur place, les circuits courts, la recherche de produits de qualité (en particulier le bio), les ventes directes peuvent maintenir et garantir les niveaux de revenus. L’accueil touristique peut apporter des revenus complémentaires.

La politique de la communauté de communes et plus largement du SCOT en ce domaine, devra être suffisamment solide et structurée pour s’imposer aux communes et aux propriétaires fonciers.

Aider à la reprise des exploitations et accueillir de nouveaux agriculteurs, soutenir de nouvelles filières, créer des points de vente collectifs.

 2) Les déplacements

 

Deux sujets : les transports en commun. Les habitants dispersés dans les bourgs ruraux, où ils sont nombreux à avoir choisi récemment de s’installer, ont besoin de rejoindre leur lieu de travail. Ce sont des déplacements courts qui se font pour la plupart en voiture. Les dessertes en train sont celles qui sont les plus sûres et arrivent en centre ville. Cadences à renforcer et amélioration des lignes ferroviaires existantes.

Le projet de ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon ne peut en rien être considéré  comme un service supplémentaire pour la communauté de communes, ni même pour le SCOT-Beaujolais en général. Une part infime de la population y résidant gagnerait un peu de temps en prenant le TGV à Roanne plutôt qu’à Lyon, Mâcon ou Le Creusot. Sachant que nous serons nombreux à en subir les nuisances et que nous devrons tous le financer par nos impôts, au détriment d’autres investissements plus utiles.

 La liaison (Amplepuis)-Tarare-Villefranche par les cars du Rhône ligne 17, se fait par ligne express en 30 minutes, dix à douze fois par jour dans les deux sens, ce qui est bien. Ces cars sont presque vides, sauf les quelques jeunes des lycées et scolaires. Cela laisse supposer qu’il n’y a pas un tel besoin supplémentaire  de relier Tarare à Villefranche.

 

Les routes : Il n’y aura jamais assez de routes pour aller à Lyon avec une circulation fluide,

ni jamais assez de places dans l’agglomération pour accueillir toutes ces voitures. Chaque fois que l’on ouvre une nouvelle autoroute sensée, en particulier dégager le tunnel de Fourvière, du nord vers Lyon (A46, puis A432, puis A89…), dix ans après, elle est saturée, à 90% par la circulation locale.
La liaison A89 vers A6 et A46 va être réglée dans peu de temps. Elle est destinée aux liaisons longue distance, pour éviter de rentrer dans l’agglomération de Lyon. Il est logique qu’elle ne récupère pas la circulation locale, mais c’est une nuisance supplémentaire pour les régions qu’elle traverse.

La région est déjà très fragmentée par toutes les voies de circulation actuelles. S’il faut bien adapter les voies existantes au nouveau trafic (ex : D 338), il faut avant tout éviter d’attirer de nouvelles circulations et donc éviter l’étalement urbain. Le schéma prescriptif du SCOT localisant les polarités à proximité des gares avait toute sa légitimité. Le problème, c’est qu’il a mis du temps à s’appliquer et que toutes les petites communes de la communauté de communes, ont largement dépassé leurs quotas. Elles ont pris de l’avance, ce que le nouveau SCOT devra prendre en compte pour des prescriptions plus efficaces et non pour passer l’éponge.

Limiter l’étalement urbain pour éviter ou contenir la croissance de la circulation.

La logistique: installer de vastes zones de logistique au nord de Lyon en général, et plus particulièrement dans le Beaujolais au relief vallonné, est non seulement une erreur stratégique mais une faute politique. Les conséquences en seront catastrophiques pour la qualité de vie de toute l'agglomération lyonnaise.

Rappelons que la DTA de Lyon avait implanté toutes les zones de logistique dans les plaines de l'Est lyonnais, plus faciles à relier au nord et au sud, sans traverser l'agglomération.

 3 ) L’urbanisation

 

Urbanisation et friches hospitalières avec les sites de Beaulieu à MORANCE, Bagère à CHARNAY ainsi qu’ALIX et LETRA. Outre la perte de services de santé de proximité, c’est la reconversion de ces grands ensembles qui interpelle.

 Urbanisation accélérée ces dix dernières années, qu’il conviendra de mieux contrôler par des prescriptions précises.

Urbanisation que la communauté de communes, avec l’aide du département, de la Région, devra accompagner par une organisation collective de services et équipements de proximité indispensables à ces nouvelles populations (résidentiels pour personnes âgées, maisons médicales, crèches, culture, loisirs, enseignement), ces équipements étant inaccessibles financièrement à de petites communes isolées.

Voir si certaines de ces friches de grands ensembles hospitaliers ne pourraient pas être utilisées dans ce but.

Le tout en raisonnant avant tout en bassin de vie.

 4)- L’environnement

 Un environnement à préserver entre, d’un côté une urbanisation qui consomme de l’espace, des infrastructures qui découpent le territoire, une viticulture en déprise avec des friches, des arrachages, des exploitants moins nombreux pour assurer l’entretien de l’espace rural. La présence des cours d’eaux structurent le territoire : l’Azergues et ses affluents, mais aussi au nord les affluents du Morgon et bien sûr de la Saône. Les rivières et ruisseaux servent de maillage a une trame verte et bleue qui notamment à l’Est, peine à se connecter avec la Dombes.

 Oui. Préserver l’environnement bousculé par tout ce qui vient d’être énuméré (l’eau, l’air, la terre, comme le définit l’écologie).

Mais aussi protéger les paysages, si caractéristiques de cette région vallonnée, garder et mettre en valeur le patrimoine bâti à la spécificité reconnue, respecter dans ce développement urbain l’identité de cette région des Pierres dorées. Seules une prise de conscience et une organisation collectives le permettront.

Respecter l’identité de ce territoire des Pierres dorées aux qualités reconnues.

 

5) le foncier, son utilisation et sa préservation.

  Toutes les communes se sont dotées de documents d’urbanisme, la D.T.A. couvre la partie Est et Sud du territoire, mais si ces documents préservent, ils ne doivent pas sanctuariser. Ainsi pour le PIG de la plaine des Chères, il devient urgent de le faire évoluer en s’appuyant sur les PENAP . Que dire des grandes infrastructures qui passent en faisant fi de ces documents et sans grande concertation ?

 Le problème du foncier est central. Dans la période d’expansion urbaine que nous connaissons, il est sollicité par de nombreux acteurs : promoteurs, investisseurs, lotisseurs, aménageurs. Ceux-ci  trouvent une rentabilité intéressante dans le marché et la demande. Ils créent des «produits basiques et standards» sur mesure pour des budgets serrés. Ils jouent sur les lois récentes accélérant le traitement des demandes et encourageant la densification. Ils créent actuellement et trop vite dans les zones rurales, l’équivalent des barres d’immeubles de banlieue des années soixante, que l’on est en train de démolir.

Ils jouent sur la crise agricole pour faire miroiter aux propriétaires fonciers des rentabilités inespérées. Tout à coup, le sud du Beaujolais viticole découvre que la vigne n’est plus  le socle qui garantissait son économie.

 Les communes ne comprennent pas toujours l’intérêt de limiter les constructions et se laissent facilement séduire, sans penser aux moyens qu’elles devront dépenser pour accompagner cette expansion.

Les documents existants sont bien loin d’être assez prescriptifs et si le SCOT actuel énonce des recommandations, c’est bien souvent avec des nuances et souplesses bien pratiques pour être ignorées ou contournées .Quant aux PLU, leur qualité dépend de la volonté du maire et de la compétence du bureau d’études. Ils sont très inégaux et sans doute gagnerait-on à des PLUI. Que veulent dire des PLU de communes de moins de 1000 habitants ?

Des documents d’urbanisme plus collectifs et plus prescriptifs, prenant en compte l’intérêt général avec un objectif de limiter l’expansion urbaine et de conserver l’identité de ce territoire?

 Légende : en noir : un résumé des questions mises en avant par la communauté de communes Beaujolais Pierres dorées. En brun, mes commentaires et compléments.

 

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